Boire vrai avec l'équipe oenopole !
16 février 2021
UNE BOUTEILLE AVEC ALEXIS FORTIER-LALONDE
«Le vin vrai, c’est de l’émotion en bouteille.»
Photo : Maude Chauvin

Lorsqu’Alexis s’intéresse à un sujet, il s’y plonge à fond, analyse la question sous tous ses angles et remet l’ouvrage vingt fois sur le métier. D’abord étudiant en musique, puis en économie, il a épuisé sa passion à force de rigueur. Puis, à l’aube de sa vie professionnelle, un projet l’a trouvé qui le porte encore aujourd’hui. Si bien que sous ses bons soins, petite agence d’importation de vins est devenue grande. On a débouché une bouteille avec l’un des fondateurs d’œnopole. Dans nos verres : riesling Alsace Grand Cru Pfersigberg 2008 de Schueller.

Explique-moi comment tu as fait le pont, entre la maîtrise en économie et le monde du vin?
Quand je rédigeais mon mémoire, ma blonde (Aurélia Filion) avait un poste à Paris. Aurélia, qui ne trippait pas particulièrement sur sa job s’est mise à cultiver une passion pour le vin. Elle est tombée dans le bon milieu et a fait de superbes rencontres dans les bars à vin parisiens. C’est là qu’elle a développé tous ses premiers contacts. Je passais mon temps entre Montréal et Paris. Quand j’étais à Montréal, j’allais parfois souper avec Théo (Diamantis), qui était un ami de la famille d’Aurélia. Un soir, Théo m’a demandé si nous, les deux p’tits jeunes de 25 ans, on voulait embarquer avec lui dans la création d’une agence d’importation de vins. J’ai appelé Aurélia et je lui ai dit : « Est-ce qu’on fait ça ? » Vingt-quatre heures plus tard, on répondait « présents » !

C’est une belle histoire, mais j’imagine qu’à ce moment-là, il y a loin de la coupe aux lèvres ?
Oui ! La vérité c’est que je suis allé rejoindre Aurélia et on a testé la patente. Je n’ai pas de permis de conduire et Aurélia a probablement trouvé le sien dans une boîte de céréales. On s’est d’abord rendus en Alsace pour une semaine, puis on a loué une voiture et on est partis quatre mois, de septembre à décembre, pour rencontrer environ trois cent personnes en France et en Italie. On a fait ça à la rough. En camping, dans le Piémont, au mois de novembre… Il fait pas chaud. On avait zéro moyen, des cartes d’affaires toutes croches faites à la main, pas design du tout.

Et c’était quoi votre pitch de vente, à 25 ans ?
On ne va pas se le cacher, l’arme secrète, c’est Aurélia. Son pouvoir de persuasion, son aplomb, ses grandes qualités de communicatrice et sa façon de goûter. Elle a cette petite étincelle qui fait qu’on a envie de travailler avec elle. Suite à ce voyage-là, on a choisi 30 vignerons pour lancer l’entreprise.

Dont Bruno Schueller qui n’était pas encore distribué au Québec !
Oui ! Il est la raison pour laquelle je fais ça dans la vie. Je trippe sur son vin. C’est très très émotif. Dès que tu tombes là-dessus, tu fais : « Ah ! », avec un gros point d’exclamation.

Le vin vrai, c’est de l’émotion en bouteille.

Raconte-nous ton premier verre de Schueller.
Après le baccalauréat, donc cinq ans avant de fonder œnopole, Aurélia et moi, on est allés faire les vendanges à Sauterne. Là, on s’est liés d’amitié avec Clémentine Bouveron, qui était stagiaire en œnologie. Aujourd’hui, elle a un domaine en Italie qui s’appelle Le Coste. Bref, on faisait la cuisine tour à tour les uns pour les autres et Aurélia et moi, on achetait des belles bouteilles au supermarché pour accompagner le tout. Un weekend où la maman de Clém était avec nous, elle a pris une gorgée du vin qu’on avait mis sur la table et elle nous a dit que c’était dégueulasse. J’ai répondu : « D’accord, mais pourquoi ? » Clémentine a décidé qu’à compter de ce jour-là, nous allions boire du vin, pour vrai. Une fin de semaine, elle est revenue avec six quilles de Schueller et c’est à ce moment-là qu’on s’est mis à tripper sur le vin, Aurélia et moi.

Back to business. Comment as-tu appris le rôle de directeur général d’une agence d’importation ?
J’ai ressorti mes cahiers de cour en administration. Marketing, RH, comptabilité, j’ai tout relu et j’ai fait ça by the book, avec une très grande rigueur. Mes études de bac m’avaient ennuyé, mais, cette fois, il y avait une passion rattachée à tout ça et un objectif super précis. C’était très motivant.

Et le reste appartient à l’histoire ?
Attends ! Y’a six années qui sont très difficiles. Mais on avait une vision et on y tenait. Je voulais pouvoir entrer à la SAQ et dire : « Wow, j’ai envie d’acheter douze bouteilles de vin ! » Ç’a été tough sur tous les plans. Imagine, en 2008, on a fait entrer Radikon pour la première fois en importation privée au Québec et il a fallu travailler très fort pour le vendre dans les restaurants. Du vin orange, personne ne connaissait ça. Aujourd’hui, les produits de ce vigneron se vendent en 30 secondes à la SAQ.

Ça doit être toute une satisfaction !
En réalité, ce qui me satisfait, ce sont les moments de vérité qu’on partage, quand on goûte ensemble. Tantôt, par exemple, on a dégusté Sainte-Anne de Chartogne-Taillet. Ça, cette émotion qu’on a partagée, elle est maintenant accessible à plus que juste dix trippeux de vin. C’est ce qui me rend le plus fier.

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