Thérapie par le vin
13 décembre 2019
THÉRAPIE PAR LE VIN : LA PETITE ROBE NOIRE
Emilie Villeneuve

On va se dire les vraies affaires : souffrir d’anxiété et aimer le bon vin, ce n’est pas une mince affaire. Non pas parce que l’anxiété et le vin ne font pas bon ménage, non, parce qu’on n’est pas toujours certain que le vin va être bon.

LA PETITE ROBE NOIRE

Slow living, minimalisme, consommation consciente, ces concepts virevoltent dans mon esprit d’autant plus qu’en cette époque de l’année, les cartes de crédits se font tellement aller que ça sent le plastique brûlé sur les artères commerciales. À moins que ça ne soit les pneus de voiture des livreurs d’Amazon qui font de leur mieux pour distribuer des colis à tous les enfants du monde avant le coup de minuit? Bref, je pense à la surconsommation et j’angoisse profondément. Même que j’ai konmari certaines sphères de ma vie. Ma garde-robe, par exemple, ne compte plus que quelques items choisis, simples, confortables et faciles à agencer. J’ai kijiji la plus part des babioles du sous-sol. À Noël, les enfants ne recevront que quatre présents chacun : quelque chose qu’ils désirent, quelque chose dont ils ont besoin, un vêtement et un livre. Plate de même. Et puis, fini les cadeaux d’hôte inutiles : la chandelle au sapin cancérigène, le poinsettia qui sera assassiné par noyade dans quelques semaines à peine ou l’inexcusable assiette de service de fromages abominablement laide. Je cherche désormais à offrir à ceux que j’aime quelque chose de vraiment utile et de qualité, qui apportera du bonheur.

Je ne vois qu’un seul objet capable de remplir toutes ces fonctions à la fois : des bulles. Encore faut-il qu’elles soient bonnes me direz-vous. Oui, la surabondance de choix est aussi un anxiogène bien réel. Presqu’autant que sa sœur, la surconsommation. J’avoue que rien ne peut gâcher le fun comme une gorgée de mauvais vin. Je m’imagine déjà dans un salon divinement décoré (la dernière collection de Noël Ikea, ça n’a même pas l’air du plastique!), chez des amis qui invitent pour l’apéro. Les petites saucisses en pâte et les céleris au Cheez Whiz circulent en abondance quand tout à coup, quelqu’un recrache en jets son breuvage. Il y en a partout sur la robe de soie H&M d’une convive. Tous les regards se tournent alors vers moi, car c’est ma bouteille que l’on vient d’ouvrir. Moi, qui à défaut d’offrir un centre de table de chez Stokes – comme tout le monde! –, moi, avec mes principes de simplicité volontaire de cheap, moi qui a choisi la mauvaise bouteille.

À la lumière de cette réflexion et de ce scénario catastrophe digne de Coppola, je pourrais décider de pelleter un gros tas de neige devant ma porte d’entrée avant de l’enjamber pour rentrer me terrer chez moi pour tout le temps des Fêtes. Ou alors, je pourrais demander à Sam de me trouver des bulles élégantes, tout-aller, à prix décent et m’en acheter une caisse pour être prête pour les célébrations.

Angoissé-e à l’idée de choisir la mauvaise bulle ? Sois l'invité-e parfait-e en suivant les bons conseils de mon bon ami Samuel Chevalier-Savaria, le sommelier

" Salut fille,

Pas facile le temps des fêtes et le climate chaming… Tu as bien évidemment sur la table la solution que tu proposes : rester chez toi et te laisser pousser le poil des jambes en famille, la lumière au minimum en mangeant les marinades de ton jardin que tu avais préservées pour les moments durs où ta conscience sociale te fait du mal. Sinon, tu peux aussi laisser les autres se charger de ton impact sur notre planète en souffrance. Bien boire, on peut se le dire, ça ne sauve pas des arbres, mais une bouteille de vin bien fait, c’est mieux qu’une bouteille de vin produite par des pollueurs. La surface du bio s’agrandit, elle encourage la faune locale, fixe du carbone tout en donnant un milieu de vie sain aux travailleurs de la vigne. C’est déjà ça de gagné pour ton estime et tes remords habillés de blanc et de rouge. Joyeuses fêtes ma douce et en espérant partager un verre avec toi très bientôt!

Tiens, Sébastien Brunet produit des vins propres en agriculture biologique (en cours de certification) avec les levures provenant de son vignoble (indigènes) et comme seul intrant une dose minimale de SO2 :

Sébastien Brunet, Vouvray, Méthode Traditionelle 2017 - 12846441 - 25.35$ "

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