Thérapie par le vin
18 mai 2018
Thérapie par le vin : Illégal !
Emilie Villeneuve
© Emilie Villeneuve

On va se dire les vraies affaires : souffrir d'anxiété et aimer le bon vin, ce n'est pas une mince affaire. Non pas parce que l'anxiété et le vin ne font pas bon ménage, non, parce qu'on n'est pas toujours certain que le vin va être bon.

ILLÉGAL

Vous ai-je déjà parlé de la (ma) théorie du piano à queue? Je l’ai élaborée le premier juillet 2003, sur un gros high amoureux. Je me disais alors que ce bonheur intense que je vivais, que cette impression d’avoir avalé un ballon à l’hélium, que tout ça allait probablement se terminer abruptement alors que ma nouvelle idylle et moi allions nous faire écraser par un piano à queue que des déménageurs tentaient de faire fitter dans la fenêtre d’un troisième étage. BANG. (Et POW pour le ballon.) Bref, comme toute bonne personne angoissée, je m’attends toujours au pire, je suis toujours prête à ce qu’on me pette ma balloune à l’hélium ou à échapper ma boule de crème glacée par terre. C’est ça, la théorie du piano à queue.

Et c’est pour ça que j’ai une peur bleue de boire dans les parcs.

Je me dis toujours : la police va débarquer. Je vais me faire menotter devant mes enfants et arrêter pour ivresse sur la voie publique. Et ça sera la déchéance totale. Ma famille va me renier. Mes pauvres parents qui, tout ce temps, ont cru avoir fait une pas pire job sombreront dans la honte. On brûlera les livres que j’ai écrits dans un grand feu de joie, rayant ainsi symboliquement mon existence de la surface de la Terre.

Ça explique mon air quand je me fais proposer un verre de rosé au Parc Laurier. Et la question qui s’en suit : coudonc’, t’es-tu «encore» enceinte? Tout ça parce qu’une fois, j’ai lu que des joueurs de pétanque s’étaient pris une amende salée par un beau samedi de juin et de pastis. J’en ai conclu que les policiers étaient-là, terrés en permanence dans les buissons avec leur pad et qu’ils n’attendaient que le son du limonadier pour bondir. POP. GRRRR.

Mais aujourd’hui j’ai consulté (Internet), et j’ai compris : ON PEUT BOIRE DANS LES PARCS, si on est assis autour d’une table où il y a de la bouffe ! D’un seul coup, ma peur s’est mutée en terreur : le parc appelle-t-il toujours la piquette? Que faut-il déboucher au grand air? Quel est le meilleur ami de la merguez cramée sur Hibashi? *

ANGOISSÉ À L'IDÉE DE MAL BOIRE DANS LE CADRE IDYLLIQUE D'UN BBQ AU PARC ? VOICI LES CONSEILS DU THÉRAPEUTE.

Parce qu’il ne faut jamais rester seul dans sa détresse œnologique, voici les conseils de mon ami sommelier Samuel Chevalier-Savaria, celui que je n’ose jamais appeler pour ce genre de chose, de peur qu’il ne m’aime plus.

Ça, ma chère, c’est une question fondamentale. Ben non, je blague. Le cadre importe vraiment dans ton choix de bouteille? C’est clair que normalement, quand on glande au soleil, ce n’est pas nécessaire de boire le vin le plus geek de sa cave. Par contre, je me souviens avoir bu des vins magiques dans les contextes plus que rudimentaires. Ce qui compte selon moi, c’est un minimum de planification : de la glace pour que le vin soit à bonne température, des verres qui ont du bon sens, du beau temps et des amis qui sont sur la même longueur d’onde que toi. Après, tu te relaxes le pompon et tu te fais plaisir. D’acc?

*Pour les angoissées du cœur, je suis toujours avec le mec de l’été du piano à queue… Comme quoi!

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