27 août 2019

THÉRAPIE PAR LE VIN !

On va se dire les vraies affaires : souffrir d'anxiété et aimer le bon vin, ce n'est pas une mince affaire. Non par parce que l'anxiété et le vin ne font pas bon ménage, non, parce qu'on n'est pas toujours certain que le vin va être bon.

FOMO du vino

Vieillir, c’est bien pour certaines choses. Par exemple, je n’ai plus peur de rater «cet évènement près de chez moi auquel sont intéressés 10 de mes amis». J’ose avouer ne pas avoir encore goûté le fameux bao du nouveau petit boui-boui du coin. Je me fous éperdument de la décennie à laquelle ma coupe de jeans fait référence. Mom? Girlfriend? Boyfriend? L’essentiel est de pouvoir s’asseoir lorsqu’on le porte. Sans avoir à détacher le bouton.


Avec les ans vient donc un certain détachement, mais il y a des choses qui ne se règlent pas. Car les vieux, on le sait, s’embourgeoisent. Et histoire de bien abreuver leur snobisme, ils s’abonnent à des pages et des comptes Instagram divers où défilent les nouvelles de petits arrivages et les raretés-à-se-procurer-sur-le-champ-sans-quoi-on-va-le-regretter-toute-l’année (et potentiellement toute la vie parce que tsé, un vin d’même, tu vas en boire une fois dans ta vie mon homme). Pratique pour savoir quand et où se garrocher pour ne rien rater. Mais cela ajoute aussi un poids sur ma poitrine. Dois-je commander une bouteille? Une caisse? Là, maintenant, entre deux meetings sans quoi il n’en restera plus une goutte à l’agence? Me pitcherai-je pour aller faire la file devant la porte de cette petite épicerie de quartier qui recevra trois bouteilles du micro-producteur québécois dont tout le monde parle? Devrai-je me battre au sang? Et la semaine prochaine, quand un cru encore plus out of this world sera en précommande, que ferai-je? Devrai-je casser mon cochon déjà bien amoché pour être certaine de ne rien rater? Et quand j’aurai bu jusqu’à la lie mon budget vin, apparaîtra-t-il enfin sur les rayons ce jus que j’attends de goûter depuis que je suis née?


En bonne angoissée, devant mon écran où défilent les commentaires élogieux et les liens de commande, je fige. Chevreuil devant les phares. Et l’arrivage passe et ma cale sèche. J’entre à la SAQ la queue entre les jambes en me disant que j’aurais dû donc dû ben dû cliquer sur «acheter».

Angoisé-e à l'idée de rater un arrivage ou au contraire, d’acheter trop ou trop vite? Voici les judicieux et sages conseils du sommelier Samuel Chevalier-Savaria pour faire provision avant l’hiver.

Oui, Emilie, tu devrais te faire des réserves. La période qui s'en vient, qui inclut l’automne et qui nous mène aux fêtes est la plus propice à jouer à l'écureuil. Comme ce fidèle rongeur, symbole de notre charmante ville, nous savons que les arrivages délicieux sont moins fréquents dans les durs mois de l’hiver au moment où nous avons le plus besoin de ce réconfort vinique. Le risque de faire des excès est évident par contre. Sache que chaque semaine de septembre à novembre tu auras la chance de commander des vins plus attendus et qui arrivent en plus grande quantité. Budget est le mot clé ici. Ce serait plate de mettre une bouteille de Chablis dans le bas de Noël du fils de ta soeur…